Les jardins du Séminaire de Saint-Hyacinthe

Peu de collèges, dans notre province, offrent un aspect aussi pittoresque, que celui de Saint-Hyacinthe. Rien de plus frais, de plus attrayant que le paysage dans lequel il est encadré. Depuis que nous l'avons quitté, ce paysage s'est encore embelli. Voici que nous apercevons d'abord la charmante villa Bedini, [devenue en 1892 le noviciat des frères Maristes] mirant dans son étang son jardin et ses haies de sapin et de cèdres ; plus loin, un épais bosquet de pins, et enfin au-dessus des arbres, le dôme du collège, se détachant sur l'azur du ciel, et brillant des rayons du soleil couchant. Sur la coupole, le drapeau canadien déroule ses plis au souffle de la brise.

Le coup d'œil est magnifique. Oui, la nature l'a favorisée notre AIma Mater ; mais, l'art ami est venu l'orner et I’embellir. Quelle transformation s'est opérée dans I'espace de terrain qui s'étend en face du collège ! Un travail intelligent a changé ces quelques arpents de terre inculte en un vaste et gracieux jardin rempli d’arbres et de fleurs. Kiosques, fontaines jaillissantes, statues, rien n'y manque. À gauche, nous voyons le Cydnus ; mais, non, ce n'est plus le ruisseau auquel notre jeune science avait donné ce surnom classique. Lui aussi est transformé, son lit desséché est maintenant une allée de sable qui va serpentant à l'ombre des pins. Le Cydnus est devenu VaIlombreuse, et il est digne de cette pittoresque appellation.

Extrait du compte-rendu de la réunion générale des anciens élèves du Séminaire de Saint-Hyacinthe les 25 et 26 juin 1878, page 24.
















Rappelons que le plan des jardins du Séminaire de Saint-Hyacinthe fut conçu par Adolphe Lévesque en 1878. Des changements sont intervenus au cours des ans, principalement le retrait, à cause de la dégradation, des statues de plâtre disséminées dans les bosquets. Aussi, l'allée de pins en bordure de la rue Girouard a fait place à l'aménagement d'un trottoir. Une nouvelle plantation d'arbres a été faite pour assurer la continuité des jardins, toutefois les plans d'eau et les fontaines secondaires qui les ornaient ainsi que les vases à fleurs en fonte ont disparus, à leur tour, lors de la réfection de 1978. Les deux kiosques, près de la rue Girouard, sont demeurés jusqu'en 1998. Le plan d'eau central et sa fontaine sont encore en place.

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